Hervé de Bressy, démocrate de Sainte Adresse

Sainte Adresse Démocrate

Le consommateur, le salarié, le Citoyen, la Démocratie

Posted by Hervé de Bressy on 6 décembre 2009

L’utilitarisme sarkozyste a encore frappé : l’Histoire-Géographie pourrait être réduite à une matière optionnelle en Terminale S. Sous-entendu : il s’agirait d’un savoir superflu, sans utilité directe pour la collectivité. On n’accepterait plus de l’enseigner qu’à quelques élèves motivés, au même titre que les langues “mortes”. L’Histoire-Géographie ne serait donc qu’une matière “morte” ?

Au fond, à quoi sert dans nos vies quotidiennes de connaître les ressorts de la montée des fascismes dans les années 1920, les mécanismes de la colonisation, les ressources économiques et industrielles des nations du monde, la problématique du développement etc. ? Rien de tout cela ne nous est utile pour faire nos courses en hypermarché, ni pour éxécuter les tâches qui nous sont assignées dans nos entreprises. Aux yeux des néo-conservateurs, il s’agit d’une culture “générale”, sans intérêt particulier.

Comment pourtant apprécier à sa juste valeur le débat bidonné sur “l’identité nationale”, sans connaissance du préalable vichyste de la “révolution nationale” (pensez aux affiches du maréchal Pétain avec la question “êtes-vous plus français que lui ?”) ? Comment comprendre la crise économique et financière sans savoir établir les parallèles avec celle de 1929 ou, plus méconnue, de 1873 ?  Comment savoir où nous allons si nous ignorons d’où nous venons et, pire encore, où nous sommes ?

Le citoyen capable de discernement, dans une société démocratique, se forme à l’école. Les choix politiques que l’on demande à ce citoyen au travers des échéances électorales ne peuvent s’apprécier qu’à travers une grille historique, économique, culturelle, géographique… La Démocratie ne peut s’envisager dans l’ignorance : les choix doivent être éclairés, faute de quoi ils se feront dans un cadre purement communautariste ou clientéliste.

Ravaler l’Histoire-Géographie au rang de matière optionnelle participe de la volonté de limiter les individus à leurs fonctions utilitaristes : des salariés serviles d’une part, des consommateurs dociles d’autre part.

Instruire de futurs citoyens semble ne plus faire partie des préoccupations de l’Etat.

One Response to “Le consommateur, le salarié, le Citoyen, la Démocratie”

  1.   ChristineH Says:

    Bonjour,

    Je partage tout à fait vos remarques.

    Avec ce pouvoir, le citoyen n’est qu’un travailleur-consommateur.Seul les valeurs travail et argent comptent.

    Quand on ne travaille pas jour et nuit, dimanche compris, l’on se proméne dans les centres commerciaux, en périphérie de nos villes, dénaturant au passage l’harmonie de nos paysages.

    Alors, le temps de repos, de réflexion, de spiritualité….. tout cela n’est à leurs yeux que temps perdu et inutile.

    Oui, ce sont bien de fidéles adpetes du “time is money” américain.D’ailleurs, NS n’ a t-il pas été appellé “Sarko, l’américain”? Et l’on sait sa passion, pire sa fascination pour la société américaine, en particulier et au monde anglo-saxon, en général.

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