Hervé de Bressy, démocrate de Sainte Adresse

Sainte Adresse Démocrate

Archive for the 'Nation' Category

Commentaires sur la vie politique, socio-économique, culturelle de la France

Le consommateur, le salarié, le Citoyen, la Démocratie

Posted by Hervé de Bressy on 6th décembre 2009

L’utilitarisme sarkozyste a encore frappé : l’Histoire-Géographie pourrait être réduite à une matière optionnelle en Terminale S. Sous-entendu : il s’agirait d’un savoir superflu, sans utilité directe pour la collectivité. On n’accepterait plus de l’enseigner qu’à quelques élèves motivés, au même titre que les langues “mortes”. L’Histoire-Géographie ne serait donc qu’une matière “morte” ?

Au fond, à quoi sert dans nos vies quotidiennes de connaître les ressorts de la montée des fascismes dans les années 1920, les mécanismes de la colonisation, les ressources économiques et industrielles des nations du monde, la problématique du développement etc. ? Rien de tout cela ne nous est utile pour faire nos courses en hypermarché, ni pour éxécuter les tâches qui nous sont assignées dans nos entreprises. Aux yeux des néo-conservateurs, il s’agit d’une culture “générale”, sans intérêt particulier.

Comment pourtant apprécier à sa juste valeur le débat bidonné sur “l’identité nationale”, sans connaissance du préalable vichyste de la “révolution nationale” (pensez aux affiches du maréchal Pétain avec la question “êtes-vous plus français que lui ?”) ? Comment comprendre la crise économique et financière sans savoir établir les parallèles avec celle de 1929 ou, plus méconnue, de 1873 ?  Comment savoir où nous allons si nous ignorons d’où nous venons et, pire encore, où nous sommes ?

Le citoyen capable de discernement, dans une société démocratique, se forme à l’école. Les choix politiques que l’on demande à ce citoyen au travers des échéances électorales ne peuvent s’apprécier qu’à travers une grille historique, économique, culturelle, géographique… La Démocratie ne peut s’envisager dans l’ignorance : les choix doivent être éclairés, faute de quoi ils se feront dans un cadre purement communautariste ou clientéliste.

Ravaler l’Histoire-Géographie au rang de matière optionnelle participe de la volonté de limiter les individus à leurs fonctions utilitaristes : des salariés serviles d’une part, des consommateurs dociles d’autre part.

Instruire de futurs citoyens semble ne plus faire partie des préoccupations de l’Etat.

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Conflit de générations

Posted by Hervé de Bressy on 13th juillet 2009

Le débat sur l’âge de départ en retraite est de nouveau sur la table, et l’exécutif cherche à faire sauter le verrou de l’âge officiel de 60 ans (même si les durées de cotisation rendent de plus en plus difficile de liquider sa retraite à cet âge), avec en ligne de mire 63, 65 voire 67 ans. Sachant qu’il est déjà difficile de travailler à 40 ans, et que le taux d’emploi des plus de 55 ans français est un des plus bas du monde développé, ce débat surréaliste revient à s’interroger sur l’opportunité de verser leurs revenus aux seniors via les caisses de retraite ou bien par l’indemnisation du chômage…
Les décisions prises pour - prétendûment - rééquilibrer nos régimes de retraite, seront peut-être comptablement efficaces mais ne me paraissent pas justes, car elles font porter à une génération le fardeau créé par la génération précédente, sans pour autant mettre à contribution cette dernière, qui se voit au contraire octroyer des avantages supplémentaires.
Le déséquilibre démographique actuel de nos systèmes de retraite date de la chute de la natalité française durant les 30 années 1965 – 1995. A bien y réfléchir, on constate qu’une même génération, celle dite du « baby-boom » née entre 1940 et 1960, aura cumulé la succession d’avantages suivants :

  • études courtes à faible coût ;
  • début de vie professionnelle jeune (20 ans et -) ;
  • peu ou pas de chômage pour morceller les carrières professionnelles ;
  • faible niveau de cotisations en montant et en durée (37 ans ½) ;
  • départ en retraite à 60 ans, sinon en pré-retraite encore plus tôt ;
  • fortes prestations de retraite (calculées sur les 10 meilleures années exemptes de chômage) ;
  • accès à la propriété facilité par les faibles prix de l’immobilier et l’inflation qui a facilité le remboursement des emprunts ;

Cette même génération, par choix de vie, a eu peu d’enfants et est responsable du déséquilibre démographique actuel, le taux de fécondité étant tombé un temps à 1.7 enfants par femme, alors qu’il faut dépasser 2 pour renouveler les générations et, entre autres choses, conserver un régime de retraites par répartition équilibré.
Avec l’allongement de la durée de vie, c’est à l’heure de partir en retraite (à 60 ans…) que cette génération se trouve hériter de ses parents. Hasard, c’est aussi à cette heure que, dans le paquet fiscal de 2007, on a de fait supprimé les droits de succession pour 5 milliards d’€ par an.
A l’inverse, la génération « étroite » née entre 1970 et 1990, doit supporter :

  • des études longues à coût élevé ;
  • un début de vie professionnelle tardif (25 ans et +) ;
  • le chômage, le travail précaire et les carrières discontinues ;
  • des cotisations élevées sur une longue durée (déjà 41 ans, puis bientôt 42, 43…) ;
  • un départ en retraite sans cesse repoussé (début de carrière à 25 ans + 41 ans de cotisation = 66 ans…) ;
  • des prestations de retraites réduites (calculées sur les 25 dernières années de carrières discontinues, revalorisations inférieures aux salaires etc.) ;

Qui plus est, cette génération étroite est à l’origine de la reprise de la natalité française, laquelle depuis une dizaine d’années et avec 2 enfants par femme équilibre pratiquement ses générations. Par rapport à leurs parents, la génération 1970-1990 doit donc supporter des charges de famille plus importantes, qui réduisent d’autant leur « pouvoir d’achat » mais augurent du rétablissement futur des comptes sociaux. Cette génération a le sentiment de devoir supporter le fardeau que lui ont laissé ses aînés, tout en se voyant privée des avantages que ces mêmes aînés s’étaient octroyés et dont ils continuent de bénéficier.
Le sens de la politique actuellement menée est dans la droite ligne de ce qui a précédé : mettre à la charge de la génération « étroite » tous les frais des avantages accordés à la génération « large », en clair continuer de faire payer par les enfants les dépenses excessives des parents. La même logique prévaut toujours dans l’accumulation des déficits et de la dette publique : la génération suivante pourra toujours se serrer la ceinture !
Il y a une autre politique, à mon sens plus juste, qui consiste à rééquilibrer les charges entre les générations, afin que la solidarité n’aie pas pour conséquence la paupérisation d’une génération au profit exclusive d’une autre. Je vous soumets ci-dessous quelques mesures qui iraient dans le sens d’un tel rééquilibrage :

  1. rétablir les droits de succession, et en utiliser le produit à équilibrer les régimes de retraites, et plus généralement mettre à contribution les revenus du patrimoine ;
  2. moduler les cotisations en fonction de l’âge : des cotisations plus faibles pour les salariés jeunes qui s’installent et sont loin de la retraite, ont leurs enfants à charge et doivent payer leur maison (à prix exorbitant), des cotisations plus fortes aux salariés “seniors” plus proche de la retraite, ayant payé l’essentiel de l’éducation de leurs enfants ainsi que leur logement ;
  3. moduler les cotisations de même que les prestations en fonction du nombre d’enfants à charge ou élevés (à l’inverse de ce qui est fait aujourd’hui, où l’on remet en cause les années supplémentaires de cotisation accordées aux femmes en fonction du nombre d’enfants élevés) ;

Aucun emprunt, aucune politique à crédit, ne viendra au secours de nos régimes de retraite, ni plus largement de nos régimes sociaux. Ceux-ci doivent retrouver un équilibre financier structurel, ce qui suppose de responsabiliser chaque génération face à ses propres dépenses.

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Pétons un câble…

Posted by Hervé de Bressy on 22nd mai 2009

La sarkozye délirante nous avait déjà pondu pas mal d’âneries, mais ces dernières heures auront été fécondes en imbécillités crasses. L’incarcération d’un enfant de 12 ans (!) ayant donné un coup de couteau à son enseignante m’était déjà apparue stupide (comme si la prison était le lieu où un pré-adolescent en crise profonde allait apprendre à maîtriser ses bouffées d’hormones !). Lorsque j’ai entendu hier parler de l’arrestation de deux enfants 6 et 10 ans à la sortie de l’école par 6 policiers, les bras m’en sont tombés. Lorsque Xavier Darcos a parlé de créer une brigade chargée de la fouille des élèves, j’ai cru être à l’écoute d’un épisode de la 4ème dimension… Font-ils n’importe quoi sans aucun contrôle ? Sont-ils des imbéciles ? Sont-ils devenus fous ? Que nenni.

J’en reviens encore et toujours à l’arithmétique de la victoire électorale de l’excité à gourmette, Rolex, Ray Ban et talonnettes : 65% des voix chez les plus de 65 ans. Jusqu’à présent les victoires électorales se réalisaient par le basculement de l’électorat jeune, féminin, ou salarié. Pour une part significative de cet électorat agé (pas la totalité, ni même la majorité, simplement une part significative qui a “glissé” vers Sarkozy en 2007), il existe une incompréhension, un rejet et une peur de la jeunesse, perçue et assimilée aux “jeunes” des banlieues, aux “sauvageons” de JP Chevènement, à la “racaille” de l’agité du kärcher. En agissant de la sorte, le pouvoir tente de remobiliser cet électorat qui avait fait sa victoire de 2007 (et aussi la qualification de Le Pen au 2ème tour en 2002).

En discutant ce matin avec une amie, qui me décrivait une scène où un groupe de pré-ados balançait des cannettes sur les voitures en centre-ville du Havre, je lui ai dit qu’il est bien joli pour le pouvoir de parler de répression, lorsque ce même pouvoir adopte un comportement totalement irresponsable : réintroduction de la publicité pour les alcools sur Internet, autorisation de la commercialisation de la boisson “Red Bull”… et alors que ce même pouvoir, obsédé d’un discours hypersécuritaire depuis maintenant 8 ans (déjà l’argument massue de la campagne présidentielle de 2002) a développé depuis lors un arsenal sécuritaire paranoïaque, avec des prélèvements d’empruntes génétiques à tout-va, du fichage sans contrôle, des peines automatiques, la télésurveillance sans limites, le traitement pénal des mineurs à l’égal des adultes, le délit d’appartenance à une bande… pardonnez-moi j’en oublie car il est impossible à un simple citoyen d’en tenir le compte, d’autant que cet arsenal se révèle chaque jour parfaitement inefficace, puisqu’il faut toujours de nouvelles lois pour pallier aux déficiences des précédentes…

Au moins, en tant que père de famille, lorsque j’entends ce tissu de bêtise criminelle, je sais pourquoi je me bats.

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L’OTAN interdit techniquement toute indépendance opérationelle

Posted by Hervé de Bressy on 19th mars 2009

Dans le débat escamoté autour de l’OTAN, il y a des arguments de poids à faire valoir contre la présence de la France dans le commandement intégré , qui sont de caractère organisationnels et structurels.

L’OTAN ne dispose que d’une seule et unique chaîne de commandement, qui fait que l’organisation ne dispose à tout instant que d’un seul état-major. De fait il ne lui est possible de mener qu’une seule et unique opération militaire à la fois (actuellement l’Afghanistan, qui a chronologiquement succédé au Kosovo). Dès lors, il suffit que le commandement états-unien de l’alliance impose une opération pour interdire en pratique l’organisation d’une seconde… Vous voulez vous interposer au Liban ? Pas possible, on est pris en Afghanistan ! (c’est juste un exemple).

Dans le mode d’organisation d’une défense européenne - telle que développée à l’initiative de la France, l’Allemagne, l’Espagne et la Grêce entre 1995 et 2007 - chaque pays participant pouvait constituer le noyau d’un état-major, ce qui permettait  l’organisation d’autant d’opérations que de pays participants. C’est ce qui a permis la présence de l’EUFOR sous commandement français en RDC sans compromettre notre capacité d’engagement sur d’autres théatres d’opérations. Le développement de ces structures déjà existantes d’une défense européenne a été mis en sommeil depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence. Cela relativise la vague promesse de promouvoir “de l’intérieur” une défense européenne qu’on a sabordé “à l’extérieur”.

De plus, les Etats-Unis se sont ingéniés à spécialiser chaque pays membre de l’OTAN dans un champ de compétences limitées. Aucun n’est capable à lui seul de mener une opération extérieure sans soutien logistique (et donc approbation politique) de la part des Etats-Unis. Restée hors de ce commandement intégré, la France a pu (à grand frais il est vrai), conserver une capacité d’intervention sur un large spectre maritime, aérien, terrestre, logistique ou de renseignement, d’où la position actuellement centrale de la France dans tout projet de défense européenne. Si la France perd cette capacité, elle ne sera plus en mesure de fédérer qui que ce soit, puisque ayant perdu son principal argument.

En résumé, un pays “intégré” perd peu à peu sa capacité à mener des opérations indépendantes sinon autonomes d’une part, et l’ensemble de l’organisation est techniquement, structurellement et politiquement incapable de mener une opération autre que celle décidée depuis les Etats-Unis par le Pentagone d’autre part.

En répondant aux exigences du commandement intégré, ce n’est pas seulement notre volonté d’indépendance qui est entravée, mais notre capacité pratique à l’exercer.

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L’accueil fait à mes propositions (18 mars 2009)

Posted by Hervé de Bressy on 13th mars 2009

MAJ au 18 mars 2007

Sur lesdemocrates.fr il est une rubrique que j’apprécie particulièrement, celle des points de vue. Les propositions sont évaluées par les internautes à travers un vote consultatif. Il ne s’agit en aucun cas d’établir une démocratie participative pour l’établissement d’un programme électoral du Mouvement Démocrate, mais plutôt d’un exercice de pédagogie. Une proposition est appréciée ou rejetée essentiellement en fonction de la qualité pédagogique de sa rédaction. Je suis persuadé qu’avec le temps, cette rubrique va contenir des idées de mieux en mieux construites et étayées, par simple sélection naturelle.

Voici quelques-unes des propositions que j’ai posté et le résultat intermédiaire des votes au 18/03/2007 (meilleur “score” de référence : + 127) :

  1. Transformer la Taxe Professionnelle au lieu de la supprimer : + 77
  2. Afficher le coût énergétique des produits de grande distribution : + 68
  3. Humaniser les normes comptables : + 58
  4. TVA sociale : + 44
  5. Interdire les paris sur les prix (Paul Jorion) : + 43
  6. Transition énergétique et prix plancher des carburants : + 20
  7. Réguler les prix de l’immobilier : +17

Je suis intimement convaincu de la nécessité et de l’utilité de chacune de ces propositions. Lors de la prochaine remise à zéro des compteurs, je les reformulerai dans des termes différents dans l’objectif de les rendre plus convaincantes et percutantes. Ce billet sera mis à jour à intervalle régulier afin de présenter mes différentes proposition et l’évolution de leur accueil en fonction de leur formulation.

Ci-dessous le détail des ces propositions et de leurs formulations successives :

 

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Les capitulards

Posted by Hervé de Bressy on 13th mars 2009

Je ne m’en cache guère et suis en cela en parfait accord avec François Bayrou : je considère que depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République, la politique étrangère et de défense de la France a été inféodée à celle des Etats-Unis. Le retour dans le commandement intégré de l’OTAN n’en est que la dernière manifestation  en date. Résumé de quelques épisodes précédents :

- voyage de Bernard Kouchner en Irak pour manifester le soutien de la France à l’occupation états-unienne de ce pays ;

- déclarations d’Hervé Morin comme quoi la France devait ” cesser de barguigner et réintégrer sans délai le commandement intégré de l’OTAN”. Il aurait dit “à la niche le chien” que c’eut été pareil à mes oreilles.

- affirmations de Nicolas Sarkozy comme quoi la France sera “jusqu’au bout” aux côtés des Etats-Unis en Afghanistan. De ce fait nous  n’y avons plus d’objectif militaire réalisable, si ce n’est que de lier notre sort à celui des Etats-Unis, quel qu’il soit.

- établissement aux Emirats Arabes Unis d’une base militaire interarmes : désormais la France participe à l’encerclement militaire de l’Iran. En cas d’attaque israélienne sur l’Iran et par effet domino, nous sommes désormais certains de participer à ce conflit qui  n’est pas le nôtre.

- et maintenant voici venir la réintégration sans contrepartie dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, et le renoncement de fait de la France à l’établissement d’une défense européenne indépendante des Etats-Unis.

Ces bouleversements de notre politique extérieure surviennent 40 ans après le départ du général de Gaulle du pouvoir, alors même que ses prétendus héritiers sont au pouvoir.

Je fais un parallèle historique : en 1940 l’Assemblée Nationale a voté (par 569 voix contre 80) les pleins pouvoirs à Philippe Pétain : il s’agissait de la même assemblée, des mêmes députés, qui avaient été élus en 1936 pour former le Front Populaire. Les mêmes livrèrent ainsi le pays à l’extrême-droite. En faisant appel à Pétain, les députés s’en remettaient à l’un des principaux responsables de la défaite : c’est Pétain qui, en 1926, avait  été l’architecte de la refonte de la doctrine militaire française, enfermant celle-ci dans une logique défensive, dispersant ses moyens blindés et mécaniques au lieu de les concentrer. Bien campée derrière la Ligne Maginot, la France a laissé opérer l’Allemagne hitlérienne dans ses conquêtes territoriales avec les conséquences que l’on sait. La victime appelait le bourreau à son secours.

En 1940 toujours, c’est Charles de Gaulle qui, à contre-courant de cette logique de capitulation, a su dire “non”. En pratique et d’un point de vue strictement légal, il avait désobéi, déserté, trahi en temps de guerre. Il était devenu un rebelle et fut condamné à mort par les autorités “légales” de Vichy. C’était pourtant lui qui avait raison.

Lors du débat sur la motion de censure qui sera opposée à l’engagement de responsabilité du gouvernement au sujet de la réintégration dans l’OTAN, les députés UMP prétendûment “gaullistes” et “fermement” opposés à cette décision de capitulation ne participerons pas au vote. Pensez donc, ce serait désobéir et risquer de ne pas être réélu en 2012 !

Lorsqu’un pays entre dans une logique de capitulation, il lui est extrèmement difficile d’en ressortir. Il n’y a que le premier pas qui coûte, après tout est facile. Peut-être me trompé-je. Peut-être se trouvera-t-il aussi 80 députés UMP pour refuser.

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Pédagogie de la TVA sociale

Posted by Hervé de Bressy on 4th mars 2009

J’ai posté récemment dans les rubriques “nous soutenons” et “questions à François Bayrou” au sujet de la TVA sociale.

Je constate sur ce sujet des réactions épidermiques et contradictoires. Dans la rubrique “nous soutenons”, ma formulation atteint à cette heure le score honorable de +10, tandis que la formulation d’un autre démocrate s’enfonce à -3, pourtant pour la même proposition ! Cela montre bien qu’il y a matière à débats et à surtout à pédagogie.

Le terme même de TVA Sociale est banni de la vie politique depuis les législatives de 2007 et son instrumentalisation par Laurent Fabius pour faire perdre 50 députés à l’UMP entre les deux tours. L’idée d’augmenter la TVA est extrèmement impopulaire, mais la peine n’a pas été prise de présenter les contreparties à cette hausse et leurs avantages. Je vais donc m’y essayer ici, dans ma modeste compréhension des mécanismes en cause.

Le principe de base de la TVA sociale est d’élargir le financement de la protection sociale depuis les seuls salaires (comme actuellement) vers la consommation (augmentation de la TVA). Pourquoi ?

1) le mode de financement actuel de notre protection sociale est destructeur d’emploi :

  • en basant notre protection sociale sur les salaires, nous augmentons les coûts salariaux et donc le coût des produits français.
  • face à la concurrence des pays à faible protection sociale, les produits français sont pénalisés, car leur prix inclut une forte dose de protection sociale absente des produits concurrents.
  • en conséquence les entreprises françaises sont incitées à délocaliser leur production vers les pays à faible protection sociale, pour la réimporter ensuite vers la France.
  • le chômage se développe en France, aggravant les coûts de la protection sociale, entretenant ainsi le cerle vicieux de la désindustrialisation de notre pays.

2) Quel est le mécanisme de la TVA sociale ?

  • une augmentation échelonnée de la TVA (par exemple, 1% de plus par an pendant 5 ans), dédiée au financement de la protection sociale (santé, prévoyance, retraite, chômage).
  • en parallèle, une diminution équivalente des parts salariales et patronales des charges sociales.
  • la diminution de la part salariale constitue une augmentation des salaires nets.
  • la diminution de la part patronale constitue une diminution des couts salariaux et donc des coûts de production.

3) les avantages socio-économiques de ce transfert :

  • la hausse de TVA s’applique à l’ensemble des produits consommés en France, et donc aux produits importés.
  • les produits importés, et donc les fabrications délocalisées, se voient donc appliquées les charges sociales auxquelles ils échappaient alors.
  • le coût de fabrication des produits français étant réduit, ils sont plus compétitifs sur le marché intérieur comme à l’export.
  • grâce à cette compétitivité retrouvée, il redevient plus avantageux de fabriquer certains produits en France plutôt que dans les pays à faible protection sociale.
  • cet avantage constitue une incitation à maintenir voire relocaliser l’emploi en France, et donc à contenir ou réduire le chômage.
  • avec un chômage plus faible, plus d’emploi et plus de revenus nets, les recettes sociales augmentent et les charges sociales diminuent : le cercle vicieux est remplacé par un cercle vertueux.
  • en taxant la consommation, on encourage également les comportements responsables en pénalisant les productions délocalisées, consommatrices d’ énergie fossile.

4) les perdants et les gagnants :

  • les gagnants : indiscutablement ce sont les entreprises et salariés français (essentiellement grâce à l’emploi retrouvé, car les gains de salaire net sont quant à eux équilibrés par la hausse de TVA).
  • les perdants : les productions étrangères d’une part, les non-salariés d’autre part (il s’agit des retraités et des “rentiers”, qui doivent acquitter la hausse de TVA sans bénéficier d’une hausse de leurs revenus)

La mesure devrait donc être accompagnée de compensations à l’égard des retraités afin de neutraliser l’impact d’une hausse de TVA à leur égard. Par contre il n’y a pas de compensation à mettre en place pour les revenus du capital, car la France est l’un des pays occidentaux qui les taxe le moins (c’est un autre débat).

Conclusion :  le transfert d’une partie du financement de la protection sociale depuis les salaires vers la consommation semble présenter beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients, lesquels inconvénients peuvent par ailleurs être compensés lorsque cela s’impose. On n’a retenu de la TVA “sociale” que le principe d’augmentation de la TVA, pour défendre cette mesure il faut mettre en avant les autres aspects : augmentation des salaires nets, avantage à la production et à l’emploi français, lutte contre les délocalisations, encouragement aux comportements de consommation responsables.

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L’information politique biaisée (7), le cas du NOUVEL OBS.fr

Posted by Hervé de Bressy on 2nd mars 2009

Poursuite de l’étude sur les hebdomadaires en ligne. 100 en-têtes d’articles du Nouvel Observateur du 11 février au 1er mars ont été disséquées, en voici le résultat :

Présidence : 22.8% (dont “Sarkozy” 13.2%)

Gouvernement : 16.1% (dont “Eric Besson” 4.6%)

Majorité : 12.8% (dont Jean Tiberi 4.8%)

Opposition : 48.3%, dont :

  1. PS : 42.2%
  2. FN 1.9%
  3. PCF 1.3%
  4. NPA 1.3%
  5. LO 0.8%
  6. MoDem 0.8%

On note là encore une présentation totalement déséquilibrée, avec un hypertrophie du Parti Socialiste et de la Présidence. Hors pouvoir en place et PS, seuls 6% des occurences concernent les “petits” partis (FN, PCF, NPA, LO, MoDem…). Les Verts sont totalement occultés.

Pour l’anecdote, Le Nouvel Obs accorde à l’affaire des faux électeurs du Vème arrondissement de Paris une importance capitale, puisque Jean Tibéri est la personnalité UMP de loin la plus citée. En ce qui concerne le gouvernement, Eric Besson est le plus cité, laissant entendre qu’il a été le ministre le plus actif ? Nicolas Sarkozy est dix fois plus cité que son premier ministre, c’est le cas extrême pour les journaux étudiés jusqu’à présent.

En revanche le journal s’est totalement désintéressé du cas de Bernard Kouchner.

Au suivant !

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L’information politique biaisée (3), le cas du FIGARO.fr

Posted by Hervé de Bressy on 2nd mars 2009

Je suis contraint de faire une étude assez limitée, ne portant que sur les 27 articles visibles ce jour sur le site du Figaro. Au regard des deux précédentes études, le résultat est surprenant :

Présidence : 20 %

Gouvernement : 12.6%

Majorité : 20%

Opposition : 47.4%, dont :

  1. PS 36.8%
  2. MODEM 9.5%
  3. FN 1.1%

Sans parler du traitement de l’information, l’espace donné aux différentes composantes de la vie politique ne semble pas comme on aurait pu le craindre monocentré sur l’UMP ou Nicolas Sarkozy. Le PS comme le MoDem se voient octroyer une place conforme à leurs résultats électoraux récents. Par contre aucune mention n’est faite (en totu cas dans les papiers de ces derniers jours) des “petits” partis : les Verts, le NPA etc sont totalement absents.

C’est effectivement surprenant de la part du Figaro qui nous avait habitué à pire, d’autant que les articles consacrés au MoDem sont (presque) favorables !

Au suivant !

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L’information politique biaisée (6), le cas de L’EXPRESS.fr

Posted by Hervé de Bressy on 2nd mars 2009

Après les quotidiens nationaux, je m’essaye à la même méthode pour les sites internet des hebdomadaires. La comparaison de 4 quotidiens effectuée hier donne des indications intéressantes, qui méritent d’être creusées : j’aimerai en particulier recouper les résultats de l’étude en fonction de la composition du capital de l’organe de presse en question. Existe-t-il des lignes éditoriales “Lagardère”, “Dassault”, “Bolloré” etc ? J’étudiera également au fil de la semaine la presse quotidienne régionale, si j’en ai le loisir.

Voici donc les résultats pour l’Express, sur un échantillon de 150 en-têtes d’articles poltiques parus du 20 février au 1er mars :

Présidence : 27.3%

Gouvernement : 13.2%

Majorité : 13.8%, dont :

  1. UMP : 12.8%
  2. NC : 1.0%

Opposition : 45.8%, dont :

  1. PS : 40.9%
  2. PCF : 1.8%
  3. Verts : 1.4%
  4. MoDem : 1.2%
  5. FN : 0.4%
  6. NPA : 0.2 %

On voit donc que pour l’Express  une double hypertrophie : présidentielle et Socialiste, au détriment de tout le reste. Pour caricaturer, on pourrait dire que dans la période étudiée, la vie politique, à 70%, s’est résumée à l’affrontement entre la personne de Nicolas Sarkozy et un  PS divisé, dont le moindre détail des débats internes a été disséqué. Les 30% restants se sont partagés pour l’essentiel entre Gouvernement et Majorité, laissant seulement 5% à tout ce qui n’appartient ni à l’UMP ni au PS.

Ce n’est plus de la bipolarisation, mais de la bi-pipolisation !

Au suivant !

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